Mon fils de cinq ans me regarde plier le linge et me demande pourquoi je mets les chaussettes par deux.
« Pour qu’elles ne se perdent pas. »
Il réfléchit, puis repart avec une seule chaussette : « Celle-là, elle voulait un peu de liberté. »
J’ai passé dix minutes à expliquer à mon GPS que je connaissais un raccourci. Trois sens interdits et un marché plus tard, il a simplement annoncé : « Vous êtes arrivé à votre point de départ. »
Je crois qu’il savourait son moment.
Après des mois à aller dans la même boulangerie, la boulangère m’accueille enfin d’un « Comme d’habitude ? ». J’acquiesce, ému.
Je suis reparti avec deux croissants. Je prends toujours une baguette. Mais je n’ai pas eu le cœur de gâcher ce moment.
En visioconférence, mon chat a marché sur mon clavier et fermé la réunion. Mon collègue m’a envoyé : « Enfin quelqu’un qui sait conclure. »
Depuis, il est invité à toutes les réunions.
J’ai demandé à ma grand-mère combien de farine elle mettait dans son gâteau. « Tu vois bien », m’a-t-elle répondu en versant le paquet.
J’ai noté soigneusement : 200 grammes de tu vois bien.
J’ai acheté un superbe panier pour mon chat. Après avoir minutieusement inspecté le tissu, testé le coussin et observé l’emplacement, il a pris sa décision.
Le carton était parfait.
En vacances, j’ai suivi un habitant pour trouver une boulangerie authentique. Il marchait d’un pas assuré, un sac en toile à la main.
Nous sommes arrivés devant chez lui. Il m’a quand même indiqué la boulangerie.
J’ai écrit à mon ami : « J’ai besoin de prendre du recul. » Il m’a répondu avec le lien d’un appartement à trois rues de chez lui.
Sa conception du recul me convient très bien.